1 avril 2025

Thérapie post-traumatique : pourquoi je n’avance plus ?

Cet article aujourd’hui car je rencontre régulièrement, au fil de mes accompagnements, des personnes qui « stagnent », voire se découragent dans leur thérapie, en raison d’un manque de clarté sur ce qui se passe lorsqu’il y a eu dissociation (=>mise en retrait d’une part de soi suite à un choc/traumatisme dont la souffrance n’était pas gérable à l’instant T).

Lorsque vous faites face à une épreuve de vie, il y a :

  1.  la part de vous qui se dissocie
  2. une part de vous qui va naître en réponse/réaction à ce qui vient de se produire afin de vous permettre de survivre à l’épreuve, voire de faire en sorte qu’elle ne se reproduise pas.
    A noter, cet effet collatéral récurrent lié à la naissance de cette part : si elle reste en lead dans votre vie sur une longue période, maintenir cette dynamique consomme une énergie colossale (=>ce qui peut générer une fatigue psychique et physique croissante avec le temps, voire des addictions). Vous risquez également développer des mécanismes et croyances qui limitent votre capacité à créer une nouvelle dynamique.

Ce que je constate : beaucoup d’entre vous sont focalisés sur la part née en réaction (celle que j’appelle le « vigile » ou « mode vigipirate »), car cette part devient restrictive avec le temps. Vous avez donc envie de vous en défaire et c’est là que votre « bataille » commence. Une bataille souvent longue, épuisante, frustrante. Avec de bons outils, vous arrivez à gérer et modérer  cette part, mais concrètement, elle ne lâche pas vraiment.
Pourquoi ?
Principalement pour ces 3 raisons :

  1. Votre énergie n’est pas dirigée au bon endroit. Il faut bien comprendre que ce vigile est né « en réaction ». Il est là pour protéger la part qui a été blessée, donc tant que vous ne vous occupez pas de la part blessée, celle qui s’est dissociée au départ, il ne lâchera pas.
  2. Et non, il n’est pas cette part blessée, il est son protecteur, c’est pour ça qu’il résiste tant que vous ne revenez pas « à la source ».
  3. Vous associez « revenir à la source » avec « revivre l’évènement », ce qui active d’autres modes vigipirates en résistance.

Dans le cas des personnes qui sont – ou ont été – accompagnées pour un trauma identifié : vous connaissez l’évènement qui a causé le trauma et vous l’avez déjà abordé en thérapie classique. Vous me consultez parce que vous n’arrivez pas à aller au bout de votre processus de guérison. Lorsque je vous invite à revenir au corps, soit vous avez peur, soit c’est « le vide ». C’est normal :  votre cerveau a mémorisé un « instantané », insurmontable à l’époque, et il a tout fait pour verrouiller l’évènement, voire vos sens, afin de vous protéger. Donc tout en vous résiste, voire se dissocie encore plus à l’idée de « rentrer ». C’est là où il ne faut pas se tromper de bataille : déjà, il faut comprendre que la peur mémorisée est déjà obsolète : elle appartient au passé. Ensuite, vous n’êtes plus la personne qui a vécu cet évènement et vous n’êtes pas seul(e) dans ce travail de guérison. Ce qui m’intéresse, lorsque je vous accompagne dans cette démarche, ce sont les émotions réprimées de cette part d’âme, qui attend d’être entendue, rassurée et consolée. Pour que la dissociation prenne fin, c’est elle qu’il faut aller chercher et prendre dans ses bras. Quant à l’évènement, s’il y a des choses à savoir indépendamment de ces retrouvailles en vous-mêmes, c’est moi qui le verrai. Après tout, si vous venez me voir moi, avec ma pratique chamanique de recouvrement d’âme (comprendre ici : traiter l’aspect énergétique, émotionnel et spirituel de la dissociation), c’est justement parce que vous ne voulez plus avoir à raconter ce qui s’est passé ce jour-là. Oui, ça peut prendre plus ou moins de temps, selon où vous en êtes dans ce travail et ce qui vous motive à le faire. Le chemin se fera à votre rythme, peut-être avec des soins au préalable pour apaiser et préparer, avec des rituels, avec une remise en mouvement pour être acteur de cette libération.

Pour les personnes dont la cause du trauma a été oubliée/occultée : n’hésitez pas à vous renseigner et à solliciter de l’aide si vous êtes bloqué(e) dans votre vie, si vous avez des angoisses ou des douleurs persistantes et inexpliquées, si vous attirez en boucle des situations qui vous empêchent d’aller bien. Où, comment et avec qui démarrer ce travail : c’est quelque chose à discuter au cas par cas, que ce soit avec moi, si vous vous sentez concerné(e) par cet article, avec un médecin ou un thérapeute avec qui vous vous sentez en confiance.

Dans tous les cas, ne vous trompez pas de cible : votre vigile intérieur n’est pas votre ennemi, au contraire ! Montrez-lui que vous vous occupez de la part blessée qu’il protège en vous, et il sera le premier à se réjouir de pouvoir – enfin – prendre sa retraite et vous redonner les pleins pouvoirs sur votre vie!

Prenez soin de vous ❣️

Taïs Roshem

 

Tous droits réservés